LA CULTURE DES SOMMETS VOSGIENS

LA CULTURE DES SOMMETS VOSGIENS

Cette culture présente en pleine époque Gallo-Romaine des caractères celtiques très marqués au milieu d'une région où la Romanisation est assez rapide et complète ( structures politiques de la Cité, routes, structures agraires = cadastration, villae...).
Le domaine de cette culture prend la forme d'une sorte de croissant de La Petite Pierre à Saverne, Cirey sur Vesouse, Hartzviller et Phalsbourg, au pied du massif du Donon, point culminant de la région. Il s'agit d'une région gréseuse en pente vers l'Ouest, sorte de glacis découpé par les rivières et les ruisseaux ( Sarre blanche et Sarre rouge, Zorn jaune et Zorn blanche, Zinzel du sud ) et travaillé par l'érosion, Cette portion du massif vosgien assure le contact entre le plateau lorrain à l'Ouest et la plaine d'Alsace à l'Est, A l'époque romaine elle était traversée par la limite entre les deux grandes provinces de Belgique et de Germanie.

ORIGINE DES POPULATIONS ET DUREE DE L'OCCUPATION.

La vaste région qui s'étend du plateau lorrain au Rhin était à l'époque de la Gaule indépendante le domaine des Médiomatriques, peuple dont Metz fut la capitale (Divodorum). Mais César crée en Alsace une cité pour le peuple des Triboques venus avec le Germain Arioviste; la capitale en est Brumath ( BROCOMAGUS ). Les Médiomatriques laissent donc du terrain aux nouveaux arrivants ( Triboques, Romains ) mais ils restent le fond de la population. II y a donc tout lieu de penser que les occupants des sommets vosgiens sont des Celtes Médiomatriques. Leur apparition soudaine dans ce secteur vers la fin du premier siècle AVJC ou au début du premier siècle après JC, en tous cas peu après la conquête, permet de croire à un peuplement dirigé puis contrôlé de cette zone forestière, qui probablement appartenait au domaine public. Il ne s'agit cependant pas d'une colonisation romaine de type classique, ni dans sa forme ni dans son fond.
La disparition de cette .culture semble progressive; il faut certainement y voir un abandon des sites suite à des changements de besoins et de mentalité. Le hameau du WASSERVALD qui est actuellement le mieux étudié et le mieux connu, est abandonné dans la deuxième moitié du 5° siècle; les hameaux occidentaux semblent l'être plus tôt.

 LES HABITATIONS ET LES MATERIAUX

La persistance des habitudes anciennes est très visible. Rien n'est emprunté à Rome, ni dans les plans ni dans les techniques de construction ; ainsi la culture des sommets vosgiens ignore le mortier, les constructions sont en pierres sèches , la tuile est elle aussi quasi absente ( à WASSERWALD on ne connaît que 2 bâtiments qui auraient été couverts de tuiles ).

 Les matériaux utilisés sont fournis par le milieu local : le grès, en blocs plus ou moins gros, ramassé à la surface du sol ou extrait de carrières; le bois fourni en abondance par la forêt vosgienne. Les Gaulois sont d'excellents charpentiers.

L'ENCLOS ET LES BATIMENTS :

Le ou les bâtiments d'une exploitation s'inscrivent dans un enclos clôturé ou bordé de murs rappelant ainsi nos fermes à cour. Deux dispositions principales ressortent d'une grande variété de formes et d'aménagements :
- les bâtiments sont dispersés à l'intérieur d'un grand enclos
- les bâtiments sont regroupés dans une cour fermées incluse dans l'enclos. La ferme T de WASSERWALD est de ce type
Les bâtiments ont des fonctions diverses, habitation et exploitation (remises, établis)
-lí'enclos, délimité par des murs : à WASSERWALD près de 25 enclos sont connus, leur superficie varie de 10 ares à 1,25 ha.

LES MODES DE CONSTRUCTION

La maison est le plus souvent composée d'une à deux pièces. Le sol de la cabane est formé par la roche en place; parfois quelques marches permettent d'y accéder. La pierre tient une place plus ou moins grande dans la construction des parois. La cabane peut être fermée d'un mur plus ou moins haut de pierres sèches (2 parements de pierres appareillées enfermant un blocage), supportant une sorte de colombage à son tour surmonté de la charpente.
Plus simplement, la cabane peut être limitée par 4 pierres à mortaise supportant des poteaux de bois entre lesquels sont construites des cloisons de bardeaux, de torchis. Comme on le voit, le bois est largement utilisé, outre les charpentes et les colombages, il sert aux entourages des ouvertures, portes et fenêtres; il peut être décoré. Il faut très certainement voir dans cette cabane gauloise l'ancêtre de la maison à colombage qui fait le charme des villages alsaciens.
(et qui est présente aussi en Lorraine, dans le Pays des étangs)

LES VILLAGES

C'est surtout depuis le 19°s. que l'attention des archéologues est attirée par tes traces de ta culture des sommets vosgiens. Au total une centaine de sites ont été repérés. Un petit nombre a été fouillé; actuellement les recherches se poursuivent à WASSERWALD (Bas-Rhin) sous la direction de F. PETRI  et à LIMMERSBERG (Moselle) avec le R. P. MORAND - HARTMANN. SITUATION : Les villages sont généralement situés-sur les replats supérieurs des croupes gréseuses, entre 500 et 700 mètres, la plupart vers 350 - 450 m.

IMPORTANCE DES LOCALITES :

Elles se présentent comme des hameaux très ouverts, regroupant entre une douzaine et quelques dizaines díhabitations en habitat semi-dispersé. Le terrain d'une agglomération síétend sur moins de 200 ha; mais seul de 50 à 80 ha sont en fait utilisés par les habitations et les exploitations agricoles, sur la partie supérieure et le haut des pentes. Le reste est en forêt et comprend en particulier les vallées aux pentes plus ou moins abruptes

STATUT JURIDIQUE :

II est très improbable que ces agglomérations aient été des VICI, avec une organisation de type romain; il faut plutôt y voir des LOCI, agglomération petite sans organisation formelle.

PLAN D'ENSEMBLE DU VILLAGE :

Le village s'organise en une série de mailles ( les enclos ) ordonnées autour des chemins. Un chemin principal bordé de murs sert d'axe principal. D'une largeur intérieure de 5 à 4,5 m, avec des murs de 1,5 à 1,5 m d'épaisseur, il conduit vers les sources, les chemins d'accès; il empêche le bétail de divaguer ( d'où le nom de VIEHWEG que lui donna l'archéologue FUCHS). Sur lui se greffent les enclos. Il peut se subdiviser en plusieurs branches. A WASSERVALD, il traverse sur prêt de 800 m le plateau d'Ouest en Est, une branche secondaire se dirige vers le Nord. Les autres chemins, souvent creux assurent les liaisons entre les localités et avec le plateau lorrain ou la plaine d'alsace. Les chemins dallés sont rares: le plus connu est le chemin d'Allemagne entre le DONON et LAFRIMBOLE.

LA FERME  T  DE WASSERWALD

Elle est typique des sommets vosgiens. C'est une ferme à cour fermée qui occupe l'un des angles d'un vaste enclos de forme trapézoïdale. Elle domine son champ. Sur le côté Nord-Ouest, six pièces en enfilade ont été dégagées et consolidées. Ce sont des cases donnant sur la cour par qui elles communiquent entre elles. Il ne reste des murs et cloisons qu'un soubassement de pierres sèches d'un peu plus d'un mètre de hauteur. La fonction précise de ces cases est mal connue. Une septième case, triangulaire est aménagée dans l'angle Est de la cour, son seuil est surélevé; peut être convient-il d'y voir un silo, une réserve. Le sol de la cour est rudimentairement aménagé sur le substrat rocheux.. La cour comportait vraisemblablement 3 entrées, la principale étant au Sud-Est. Un dieu cavalier au géant anguipède se dressait dans la cour et protégeait le domaine.
D'autres ensembles du même type sont connus, ainsi la ferme M.

LES ACTIVITES

Les spécialistes ne sont pas d'accord sur ta finalité économique des ces hameaux. Marcel LUTZ voit
des hameaux  où le centre d'activité est la carrière de grés ( ex. la croix Guillaume près de St QUIRIN ); par contre François PETRY insiste sur le caractère agraire de cette " culture " des sommets vosgiens.
II convient d'observer que la présence de carrières est logique: il fallait des blocs de grés et des pierres pour construire les chemins bordés de murs et les bâtiments. Y avait-il " exportation " de grés vers le plateau lorrain ou la plaine d'alsace? La présence du grés dans les constructions des VILLAE du plateau lorrain ( exemple St ULRICH ) semblerait permettre une réponse affirmative; mais F. PETRY fait observer que l'extraction est un monopole d'état; les carrières des sommets vosgiens n'auraient donc servi qu'à l'usage privé des habitants. Des études précises faites à WASSERWALD il semble bien que l'agriculture ait été l'activité principale.

LES FINAGES ET LES STRUCTURES AGRAIRES.

Comme il a déjà été mentionné précédemment, le terrain d'une communauté pouvait s'étendre sur près de 200 ha, mais la partie réellement exploitée se limitait à quelques dizaines d'ha autour du village. On peut envisager que les localités étaient séparées les unes des autres par la forêt.
La répartition des lots (enclos) entre les exploitants a certainement obéi à des règles et on peut envisager une cadastration   à larges mailles, assez souples, adaptée au terrain.
Le chemin du village qui occupe la ligne médiane du plateau peut être considéré comme l'axe principal; le plateau est ensuite découpé en tranches assez régulières, perpendiculairement au chemin; les grandes lignes de la cadastration se trouvent alors perpendiculaires aux courbes de niveau. Les -méplats géologiques sont assez fréquemment utilisés comme limites, d'où des gradins, On distingue deux groupes d'enclos:
· les enclos centraux, dans l'agglomération, avec les bâtiments, la cour, le jardin ou le champ.
· les enclos extérieurs, plus grands, réservés à la culture et à l'élevage. Des clôtures, murs, haies, clôture de bois limitaient les propriétés et faisaient oeuvre de coupe-vent et de frein à l'érosion.

LES SOLS.

Les sols sont généralement minces, une vingtaine de cm en moyenne. Les pierres y sont nombreuses et les exploitants durent épierrer leurs champs, créant ainsi des tas de pierres, les rottel. Une partie de ces pierres ont été utilisées dans les constructions.

LES ACTIVITES AGRICOLES.

Elles ont pour but d'assurer l'existence de la communauté (agriculture de subsistance). On cultivait donc les céréales, quelques légumes (oignons, ails), des farineux (lentilles, vesces), des plantes industrielles ou textiles (lin, chanvre) et peut être des plantes tinctoriales. L'élevage comportait outre la basse-cour, les bovins, porcins, ovins, des chevaux.

LA FORET.

Elle devait être assez semblable à la nôtre, avec des hêtres et des chênes, des pins et des sapins. Elle est partie intégrante de la vie des gens qui l'entretiennent, en tirent le bois de construction, le bois de chauffage, le feuillage pour les litières des hommes et des bêtes, mais aussi une partie de la nourriture du bétail par le pacage et la glandée. La découverte d'outils permet de penser qu'une partie de la population vivait de l'exploitation forestière. La chasse enfin fournissait un appréciable complément de nourriture.

AUTRES ACTIVITES :

Bien que ta plupart des activités artisanales s'exerçaient dans te cadre familial il n'est pas interdit de penser que la communauté comptait quelques  "spécialistes" un forgeron, un charpentier, un potier.  Une production locale de fer est possible. Enfin il a déjà été parlé de l'exploitation du grés.

LES ECHANGES .

Les ressources locales permettaient la vie en autarcie. Cette population archaïsante, attachée à ses traditions celtiques semble fermée sur elle même, n'acceptant que très partiellement la civilisation romaine:
· des monnaies en quantité faible, -
· de la céramique, -
· certaines figurations de divinités, mais ces dernières restent gauloises.

Mais on peut observer cependant une certaine intégration au monde économique romain, on trouve sur les sites des sommets vosgiens de la céramique gallo-romaine de belle qualité, de la Sigillée, provenant des officines de la Gaule de l'EST (Mittelbronn) mais aussi de la Gaule du SUD (La Graufesenque).

Par le biais du travail dans les carrières, les exploitations forestières, par la vente de produits agricoles sur les marchés locaux (Sarrebourg, Saverne ),des contacts existaient entre les deux mondes,...sans oublier les contacte " administratifs " ( fiscaux par ex»)

LES CROYANCES

On peut associer le culte des dieux et le culte des morts. La religion des habitants des sommets vosgiens est très largement celtique, gauloise. lls sont probablement plus que leurs frères du reste du pays restés fidèles aux dieux et aux coutumes de leurs ancêtres même si parfois les dieux ont un " habillage" romain.

LES NECROPOLES .

Les Gaulois croyaient en 'l'immortalité de l'âme. Il existe pour eux un monde de I'au-delà; mais aucun mot celtique ne le désigne. On ne sait trop où le placer : dans des îles fabuleuses? la Lune? Par des cérémonies traditionnelles, les Gaulois espèrent obtenir un sort meilleur à leurs proches décédés. C'est pourquoi les sépultures sont conçues comme des demeures d'éternité; le défunt est entouré d'objets nécessaires à la vie; des symboles sculptés sur la stèle funéraire assurent la protection de la tombe et du défunt, parfois ils rappellent le passage du monde des vivants à celui des morts. Les jours anniversaires , la famille offre repas et libation auxquels  les défunts sont censés participer.
 Divers types de tombes sont connus :
· Une simple cavité dans la roche rudimentairement aménagée avec quelques pierres de calage
· La tombe familiale entourée d'un muret sur le modèle de la maison de pierre sèche
· La tombe à bordure de grand appareil, un entourage fait de gros blocs de pierres, surmontées de blocs semi-cylindriques.

Les sépultures étaient probablement toutes signalées à l'attention des vivants, peut-être pour les plus simples par des signaux de bois (qui n'ont pas été conservés) seules les stèles de grès sont connues et conservées généralement dans les musées (Strasbourg, Saverne, Sarrebourg, Epinal).

On peut essayer de décrire une tombe " type "
· son plan d'ensemble rappelle celui de la maison et du temple ( hommes, défunts, dieux sont logés à la même enseigne! ), à savoir un enclos bordé de murets et à l'intérieur, la sépulture proprement dite
· le défunt incinéré est placé dans une urne de verre, de terre cuite ou de grès( l'urne est parfois volontairement brisée). Le mobilier funéraire comprend souvent des clous, parfois un gond de porte ( le " passage " ) mais aussi des objets de la vie, armes de chasse et haches pour les hommes, bijoux (fibules, perles) pour les femmes.
· le plus souvent un caisson de pierre protège l'urne et le mobilier.
· au-dessus, la stèle, très souvent en forme de maison; elle rappelle par sa forme la hutte ou la maison gauloise, une ouverture y représente la porte et permet le contact entre le défunt et les vivants. Elle est souvent décorée, en particulier de symboles astraux ( roues, croissants, ....) La stèle maison est le monument le plus caractéristique de cette culture.

LES LIEUX DE CULTE

Les  sanctuaires connus  sont rares,  quelques autels votifs, quelques temples dont celui de Wasserwald.
Ce dernier correspond tout à fait au sanctuaire gaulois type, le FANUM. L'ensemble de l'espace sacré se présente sous la forme d'un polygone quadrangulaire bordé de murs; les dimensions intérieures vont de 50 mètres, côté Nord à 59 mètres côté Sud; l'entrée se faisait par le Sud.  Dans l'angle NORD-EST la CELLA a été dégagée; elle est quadrangulaire( 6,5 m X 5,5  m ) ; ses murs sont du même type que ceux des autres constructions, murs en pierre sèche à double parement et à blocage intérieur; des pans de bois surmontaient ce soubassement haut d'un peu plus d'un mètre. On peut imaginer une galerie couverte autour de la CELLA, servant de déambulatoire lors des processions rituelles ( qui se déroulaient de la gauche vers la droite selon les traditions). D'autres traces de constructions ont été relevées à l'intérieur de l'enceinte sacrée ( bâtiments de culte, dépendances ?)

LES DIVINITES .

Le vieux fond religieux celtique n'est pas détruit par l'influence romaine ainsi qu'en témoigne le caractère celtique de la sculpture des nombreux bas-reliefs découverts sur l'aire de la culture des sommets vosgiens. Sous un nom et des attributs romains on retrouve bien souvent le dieu gaulois.

MERCURE, est probablement le dieu le plus vénéré. Parmi d'autres fonctions. Mercure indigène assure la protection de la production agricole, la protection des activités artisanales enfin celle de la communauté (il est le TEUTATES ) EPONA, déesse cavalière, protège elle aussi la production agricole. Ces deux grands dieux ont donc un rôle protecteur, de même que les MATRES très populaires. En outre Mercure et Epona aident au passage de la vie à la mort.

A WASSERWALD, outre Mercure, étaient vénérés BUCIUS et NERIUS.
BUCIUS, dieu au bouc est à rapprocher de Mercure. NERIUS, divinité des eaux est à-rapprocher d'Apollon (dieu guérisseur?).

Enfin la ferme T a donné un cavalier au géant anguipède. Ce groupe divin se trouve en grand nombre sur un territoire limité, centré en Gaule de l'EST autour du pays des Médiomatriques.
Plusieurs groupes du cavalier au géant ont été trouvés dans les hameaux des sommets vosgiens. Le groupe se trouve au sommet d'une colonne souvent à écailles. Jupiter à cheval terrasse un géant barbu à queue, de poisson ou de serpent. Le cavalier brandit la foudre et tient sous son bras la roue solaire. Il faut voir là la représentation d'un vieux mythe indigène, inconnu.
Les savants y voient la représentation du grand dieu céleste, maître des astres, de la météorologie dont il faut attirer les bonnes grâces sur le domaine, les cultures; en terrassant le géant à queue de serpent, il terrasse le monde souterrain, l'ombre, la stérilité. (Dans un milieu plus romain, ce groupe a d'autres fonctions).

CONCLUSION
 Ainsi se présentait le monde des sommets vosgiens, avec des structures agraires, ses formes d"habitat, ses croyances fortement celtiques entre des régions fortement romanisées. La vie des hommes devait y être dure voire pénible; les conditions climatiques rendent plus pénible une existence déjà difficile à cause des données du relief de la topographie. Cette culture a disparu; mais d'autres villages se sont créés plus tard sur les anciens sites ou à proximité ( Hultehouse, Garrebourg...). D'aucuns ont même voulu voir une certaine permanence dans les paysages: culture en terrasse, chemin bordé de murs, délimitation des enclos et des propriétés.

Les notes ci-dessus sont extraites d'une documentation du service éducatif auprès du musée de Sarrebourg. Elles datent des années 1970. Elles sont à actualiser à la lumière des dernières recherches.
 
 

Quelques photos du Wasserwald :


LA FERME  T  DE WASSERWALD

Elle est typique des sommets vosgiens. C'est une ferme à cour fermée qui occupe l'un des angles d'un vaste enclos de forme trapézoïdale. Elle domine son champ. Sur le côté Nord-Ouest, six pièces en enfilade ont été dégagées et consolidées. Ce sont des cases donnant sur la cour par qui elles communiquent entre elles. Il ne reste des murs et cloisons qu'un soubassement de pierres sèches d'un peu plus d'un mètre de hauteur. 

On peut essayer de décrire une tombe " type "
· son plan d'ensemble rappelle celui de la maison et du temple ( hommes, défunts, dieux sont logés à la même enseigne! ), à savoir un enclos bordé de murets et à l'intérieur, la sépulture proprement dite
· le défunt incinéré est placé dans une urne de verre, de terre cuite ou de grès( l'urne est parfois volontairement brisée). Le mobilier funéraire comprend souvent des clous, parfois un gond de porte ( le " passage " ) mais aussi des objets de la vie, armes de chasse et haches pour les hommes, bijoux (fibules, perles) pour les femmes.
· le plus souvent un caisson de pierre protège l'urne et le mobilier.
· au-dessus, la stèle, très souvent en forme de maison; elle rappelle par sa forme la hutte ou la maison gauloise, une ouverture y représente la porte et permet le contact entre le défunt et les vivants. Elle est souvent décorée, en particulier de symboles astraux ( roues, croissants, ....) La stèle maison est le monument le plus caractéristique de cette culture.
LES LIEUX DE CULTE

Les  sanctuaires connus  sont rares,  quelques autels votifs, quelques temples dont celui de Wasserwald.
Ce dernier correspond tout à fait au sanctuaire gaulois type, le FANUM. L'ensemble de l'espace sacré se présente sous la forme d'un polygone quadrangulaire bordé de murs; les dimensions intérieures vont de 50 mètres, côté Nord à 59 mètres côté Sud; l'entrée se faisait par le Sud.  Dans l'angle NORD-EST la CELLA a été dégagée; elle est quadrangulaire
( 6,5 m X 5,5  m ) ; ses murs sont du même type que ceux des autres constructions, murs en pierre sèche à double parement et à blocage intérieur; des pans de bois surmontaient ce soubassement haut d'un peu plus d'un mètre. 

Le "Viehweg"

Le chemin du village qui occupe la ligne médiane du plateau peut être considéré comme l'axe principal; le plateau est ensuite découpé en tranches assez régulières, perpendiculairement au chemin ; les grandes lignes de la cadastration se trouvent alors perpendiculaires aux courbes de niveau. 

Vous voulez en savoir plus :

 "Bilan Scientifique 1991", Ministère de la Culture et de la Communication, Direction Régionale des Affaires Culturelles d'Alsace, Service Régional de l'Archéologie, 1994, pages 9 à 13.

Bilan et orientations de la recherche archéologique (de François PETRY, Conservateur Régional) 
 

"La mise en valeur de sites - le Wasserwald par exemple - a peu évolué, seule la part régionale de crédits prévus pour cette réalisation ayant été affectée."

Vous pouvez consulter cet article à l'adresse :

http://fmrugala.free.fr/Arisitum/sra/alsa91.htm

télécharger le fichier wasserwald.doc